Comment être un randonneur « vert »

img_0082La plupart des randonneurs que je rencontre se considèrent comme des personnes ayant une bonne conscience environnementale et essayant de réduire leur empreinte écologique. Je crois que c’est vrai et que c’est un groupe qui est davantage sensibilisé lorsque comparé à l’ensemble de la population. Cependant, j’observe régulièrement des comportements en plein air qui me font remettre l’éthique environnementale des amateurs de plein air autour de moi en question. Pas que les gens soient nécessairement mal intentionnés, la plupart ne semblent pas réaliser les conséquences à court et long terme de leurs actions. Voici quelques conseils pour être un randonneur le plus «vert» possible.

Ne pas laver ses vêtements dans les rivières et les lacs.

Je dois avouer que je suis coupable sur ce point. Je pensais qu’il était convenable de laver ses vêtements dans les cours d’eau tant que l’on utilisait du savon biodégradable. Lorsque vous campez près d’un lac ou d’une rivière ou traversez un plan d’eau en cours de route, ne le contaminez pas en utilisant du savon ou un détergent, même biodégradable, pour laver les vêtements ou la vaisselle. La bonne façon de procéder avec le lavage est de transporter de l’eau propre dans un contenant à une distance d’au moins cent mètres de la source d’eau. De cette façon, l’eau sale est filtrée par le sol avant de regagner le cours d’eau.

Ne pas laisser de traces de nouveaux sentiers

img_3112Le plus possible, nous devrions utiliser les sentiers déjà existants. Lorsque le sentier est boueux il est toujours tentant de contourner les sections boueuses par la forêt. Cependant en faisant ceci nous élargissons tranquillement les sections boueuses et les sentiers déjà existants. Les bottes de randonnée sont faites pour résister à la boue. Marcher les pieds mouillés fait parfois partie du sport, il faut l’accepter! Éventuellement la peau des pieds devient plus résistante à l’humidité et ne forme pas d’ampoules aussi facilement. Puis les randonneurs avec des bottes brillantes ont l’air stupides!

La deuxième partie de cette recommandation est d’éviter les raccourcis dans les sentiers, surtout lorsque ceux-ci montent une côte et que le sentier est tracé en lacet. Un sentier bien conçu n’attaque pas les pentes à un degré trop agressif car cela dégrade rapidement le sol. Ne pas suivre le sentier qui a été tracé démontre un manque de considération pour le travail acharné de défrichage et d’aménagement des ouvreurs et une méconnaissance des effets néfastes à long terme de cette pratique.

Pas de brûleurs à l’intérieur des refuges

Je me souviendrai toujours d’être arrivée à un refuge très occupé sur une des « Great Walks » de la Nouvelle-Zélande (Randonnées très très populaires) et d’avoir eu mal à la tête après avoir passé seulement dix minutes à l’intérieur. Je ne peux pas dire que je n’avais pas été avertie, une forte odeur de gaz était présente à notre arrivée. La section cuisine du refuge est pleine à craquer, environ 50 personnes s’y trouvaient je crois et au moins 15 d’entre eux faisaient fonctionner des brûleurs sur des tables à pique-nique, loin des fenêtres ou des sources de ventilation.

Le monoxide de carbone (CO) produit par un pôele de camping est toxique et si présent en quantité suffisante, létal. Il est peu probable d’atteindre un niveau létal à l’intérieur d’un refuge (mais ça peut facilement arriver dans une tente), par contre même un bas niveau de monoxide de carbone dans l’air est incommodant. Le monoxide de carbone diminue la capacité d’absorption de l’oxygène par les cellules du corps étant donné qu’il est plus facile pour le sang d’absorber du CO plutôt que de l’oxygène.

Que faire si vous êtes en refuge et que vous voulez utiliser votre brûleur? Faites-le seulement fonctionner près d’une fenêtre ouverte ou dans un endroit avec une bonne aération. Le refuge ne comporte pas de fenêtres? Svp allez à l’extérieur, oui, même s’il fait -20!.

Laisser tomber le papier de toilette

Peu de choses me fâchent autant que de m’isoler pour m’occuper de mes besoins sur un sentier de randonnée et de trouver du papier de toilette par terre ou sous une roche. Les arbres sont remplis de feuilles qui peuvent très bien remplacer le papier de toilette. Si vous ne pouvez faire sans, svp, svp ne pas le laisser traîner. La pratique correcte est de le rapporter avec soi (dans un sac de plastique cela se fait très bien) ou de le brûler sur place et d’enterrer les cendres. Si vous ne voulez pas avoir à transporter du papier de toilette souillé avec vous, peut-être que la randonnée n’est pas pour vous.

Le fait que quelque chose soit biodégradable ne rend pas le fait de le jeter en nature correct.

Le fait que des déchets soient biodégradables ne rend pas acceptable le fait de les jeter dans la nature lorsque l’on est sur un sentier. La raison principale pour laquelle ce n’est pas un comportement souhaitable est qu’un déchet peut amener la faune locale à associer les randonneurs avec de la nourriture et ainsi créer des situations dangereuses pour ceux qui vous suivent. De plus, la plupart des aliments biodégradables que nous transportons avec nous en randonnée ne sont pas originaires de l’écosystème local et peuvent être nocifs. Une troisième raison est que ça dégrade le paysage, même si c’est hors de vue. Une règle simple à suivre: Tout ce qui entre dans le bois avec nous doit en sortir!

Transporter une truelle

La mentalité autour de l’utilisation de truelles a beaucoup changé ces dernières années, surtout grâce aux initiatives de promotion entreprises par de nombreuses associations de randonnée. La plupart des randonneurs que j’ai rencontrés disposent correctement des déchets solides. J’ai effectivement remarqué qu’une truelle est le nouvel article de plein air à avoir absolument sur le sentier, comme ça a été le cas du GPS il y a 20 ans je suppose.

J’utilise personnellement la truelle Deuce of Spades.

Tout ce qui arrive avec nous doit repartir. Ne rien laisser dans les refuges.

Encore une fois, tout ce que nous transportons dans les bois devrait sortir du bois avec nous. C’est votre dernier jour sur le sentier, il vous reste un pouce de beurre d’arachide dans votre pot en plastique et vous voulez le laisser aux randonneurs deriière vous? Ou peut-être vous avez bu cette bouteille de vin avec vos amis dans le refuge hier soir et vous pensez qu’il ferait un beau chandelier pour le refuge? La réponse est: NE LAISSEZ RIEN SUR PLACE! Aussi utile que vous pensez que ça pourrait être, cela ajoute aux fardeau que les employés et/ou bénévoles doivent transporter à chaque tournée de nettoyage des refuges. À moins que vous puissiez le remettre en main propre au prochain randonneur qui l’accepte, ne laissez rien dans les refuges.

Une des raisons pour lesquelles le livre « A walk in the woods » ne m’a pas plu était la tendance des deux randonneurs de l’histoire à lancer l’équipement qu’ils ne voulaient plus transporter dans les bois. Je ne crois pas que ce soit drôle ou recommandable d’agir de la sorte. Cela démontre à quel point vous être ignorants des impacts de ces actions (oui, même si c’est dans un roman!). Tout ce que l’on fait a un impact.

Recherchez les aliments en vrac. Évitez les « ziplocs » et autres emballages jetables. Cessons de vivre dans un monde jetable. 

Celui-ci est plus difficile dépendamment de l’endroit où vous vous ravitaillez. Les sacs en plastique jetables sont un moyen léger et pratique de transporter de la nourriture sur le sentier. Par contre, je crois que souvent ils ne font que créer davantage de déchets, ce qui aurait pu être évité. Chaque fois que j’utilise Ziplocs, j’essaie d’en acheter de solides et de les réutiliser autant de fois que possible. J’ai aussi utilisé des sacs en nylon ultra-sil de Sea-to-summit comme alternative aux sacs jetables ziploc. Ces sacs me permettent d’acheter des aliments en vrac quand ils sont disponibles sans créer de déchets supplémentaires.

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